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Feuilletons les séries

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Coronation Street, Peyton Place. Des séries se racontent aussi sur le papier


Les Saisons de Peyton Place Épisode 2 - partie 1

Publié par Le Feuilletonneur sur 23 Octobre 2026, 15:00pm

Catégories : #Les Saisons de Peyton Place, #Été 1969

Les Saisons de Peyton Place Épisode 2 - partie 1

Épisode 2 - Partie 1

Zones d’ombre

Vendredi 11 juillet 1969

Précédemment…

Eric Bullock est arrivé de Boston avec des informations susceptibles, selon lui, de relancer la défense de Michael Rossi. Susan Winter, qui lui a exposé les circonstances de l’affaire, lui a également confié qu’elle avait renoué avec Tom et qu’elle tentait désormais de reconstruire son mariage.

À Peyton Place, la vérité se cache toujours dans les détails… et une révélation pourrait bien tout changer pour Mike Rossi.

Les rayons du soleil filtraient par les vénitiennes du bureau de Steven Cord, faisant briller le chrome du stylo à plumes sur la feuille blanche. Dans l’intimité feutrée de son bureau, l’avocat s’affairait, faisait danser les mots sur le papier. Frénétiquement, douloureusement. Des perles de sueur glissaient lentement de son front, témoignant de l’intensité de son travail.

Steven avait deux obsessions ces derniers temps : le dossier du Dr Rossi et la contestation du testament de son grand-père. Il essayait de concilier les deux, et avait pour cela compartimenté les deux affaires dans son esprit. Seulement voilà ! Lorsqu’il travaillait sur le procès de Mike lui venait une idée pour l’affaire du testament, et vice-versa. Jamais, dans sa carrière d’avocat, Steven n’avait ressenti une telle intensité dans sa façon de travailler. Au point qu’il avait demandé à Ann Nolan, sa fidèle secrétaire, de reporter certaines de ses interventions au tribunal, notamment celles ne nécessitant pas d’urgence. Il devait entièrement se consacrer à ces deux dossiers : sauver son ami Michael Rossi et récupérer son héritage que le vieux fou de Martin Peyton avait disséminer dans des œuvres de charité.

Le grincement de la porte d’entrée de son bureau rompit le silence – et presque sa concentration.

— Déposez le café sur la petite table, Ann. Je le prendrai plus tard.

— Le café n’est pas recommandé pour les personnes surmenées, rétorqua une voix familière.

Surpris, Steven leva la tête.

— Susan ? Mais où est-ce que tu étais passée ? Je ne t’ai pas vue de l’été !

Susan Winter s’avança, laissant la porte largement ouverte derrière elle.

— Avec Tom, claironna-t-elle, un sourire radieux sur le visage.

Steven avait de quoi être stupéfait. Aux dernières nouvelles, Susan et Tom étaient sur le point de divorcer.

— Nous avons décidé de nous laisser une seconde chance, expliqua-t-elle en devançant les interrogations de l’avocat. C’est fantastique, non ?

— Si tu le dis…

Steven n’était guère convaincu. Et pour cause ! Lorsque Tom avait appris que Susan l’avait manipulé en engageant une jeune femme comme secrétaire dans le but de le détourner de son sacerdoce de révérend, Tom avait été furieux. Il avait quitté et Susan, et l’église !

— Nous sommes partis tout l’été sur la côte ouest, continua-t-elle. Nous avons réglé nos différends et nous nous sommes retrouvés comme avant. Tom m’a pardonnée. Il a tourné la page.

— Je suis vraiment heureux pour toi, Susan. N’hésite pas à te servir un brandy si le cœur t’en dis. Mais fais vite, j’ai du travail.

— Ce temps-là est révolu, mon petit Steven. Je n’ai pas touché une goutte d’alcool depuis deux mois.

Steven siffla entre ses dents.

— L’heure est aux félicitations, on dirait.

— Tom et moi venons de louer l’ancienne maison des Harrington, près du port.

Une note ironique s’immisça dans la voix de Steven :

— Je ne sais pas si c’est une décision judicieuse, Susan. La maison est vaste et le loyer doit être cher. Un ancien révérend reconverti en pêcheur peut-il vraiment se le permettre ?

— Tom tenait à son petit bateau de pêche, mais je ne m’y voyais pas y vivre.

— Vous avez vraiment les moyens de vous payer l’ancienne maison de Betty et Rod ?

— Ne t’inquiète pas pour nous. Inquiète-toi plutôt pour toi.

— Moi ?

Susan posa les mains sur le bureau de l’avocat et se pencha vers lui.

— Steven, lorsque je suis partie au début de l’été, tu étais épuisé. Et il semble que rien n’ait changé. Est-ce pour fuir que tu t’investis autant dans le travail ?

— Je ne vois pas de quoi tu parles, répliqua Steven en détournant le regard.

— Je parle de Betty Harrington. Tu as du mal à accepter son départ à Boston avec Rodney, n’est-ce pas ?

Steven replongea dans ses documents, évitant soigneusement la discussion.

— Betty fait partie du passé.

— Steven, tu es à bout. Tu défends Michael Rossi, un cas complexe, et en plus, tu contestes le testament de ton grand-père.

— Ça va, Susan. Je gère très bien. Merci de t’en soucier.

— Je m’en soucie tellement que je suis là pour t’apporter une solution.

— Qu’est-ce que tu mijotes encore ?

— S’il te plaît, laisse-moi te présenter quelqu’un.

Susan se dirigea vers la porte et fit signe à une silhouette qui attendait. Un homme d’une trentaine d’année pénétra dans la pièce.

— Voici Eric Bullock, l’associé de mon père. Il souhaite t’apporter son aide.

Steven soupira, visiblement agacé.

— Susan, je te remercie, mais je n’ai pas besoin d’aide. J’ai viré tous mes dossiers non urgents et par conséquent, je n’ai que deux affaires à traiter.

— Peut-être, mais tu t’y investis trop. Regarde-toi dans un miroir, Steven. Tu as l’air d’un spectre. Un peu comme le faucheur des ténèbres, tu sais cette légende qui…

— Susan, c’est bon. J’ai saisi l’idée.

— Quand as-tu dormi pour la dernière fois ?

— Susan, ne pousse pas.

— J’ai dû faire des pieds et des mains pour convaincre mon père de laisser Eric venir à Peyton Place.

Steven se tourna vers Eric.

— Monsieur Braddock…

— Bullock, rectifia Susan.

— Monsieur Bullock, ne le prenez pas mal. Je n’ai rien contre vous, mais je n’ai besoin de personne.

Eric s’avança et prit la parole pour la première fois.

— Vous pourriez changer d’avis une fois que vous aurez entendu ce que j’ai à vous proposer.

— Permettez-moi d’en douter.

— Ecoute-le au moins, dit Susan.

Eric sourit et reprit :

— Quand Susan m’a parlé de l’affaire Rossi, je me suis penché sur le dossier. Notre cabinet peut engager les meilleurs détectives.

— Je connais la réputation de votre cabinet, maître.

— J’en ai recruté un qui a enquêté sur place cet été.

— Et alors ? pressa Steven.

— C’est incroyable de voir à quel point les policiers des petites villes peuvent négliger des détails cruciaux.

— Maître Bullock, pourriez-vous aller droit au but ? Je suis pressé.

— Mon détective a méticuleusement examiné les clients du Colonial Post Inn au moment du meurtre.

— Nous l’avons fait aussi, s’impatienta Steven. Ça n’a rien donné.

— Vous vous rappelez l’occupant de la chambre numéro 5, contiguë à celle de la victime ?

Steven fit appel à sa mémoire. Pas très longtemps, il connaissait l’affaire par cœur.

— Un homme d’affaires ?

Eric opina.

— Joseph Pellegrini. Il travaille pour une grande société d’investissements à Boston. Nous avons scruté son compte en banque et découvert un versement de 5000 dollars trois jours après le meurtre.

— Vous avez examiné son compte bancaire ? s’exclama Steven, stupéfait.

— Et nous avons mis au jour ce que vous avez négligé. Pellegrini travaille pour un certain Arnold Franklin.

Steven se redressa sur son siège.

— Le père de Donna Franklin.

— Donna Franklin qui n’était autre que la maîtresse de Fred Russell.

Les paroles d’Eric avaient fait leur effet. Celui-ci afficha un large sourire et s’approcha de Steven, tendant la main.

— Alors, que diriez-vous d’un petit coup de main de la part d’un modeste avocat de Boston ?

À suivre…

Entre amour retrouvé et tensions silencieuses, Tom et Susan découvrent que reconstruire un couple est parfois plus fragile que le briser.

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