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Feuilletons les séries

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Coronation Street, Peyton Place. Des séries se racontent aussi sur le papier


Les Saisons de Peyton Place Épisode 2 - partie 2

Publié par Le Feuilletonneur sur 24 Octobre 2026, 13:00pm

Catégories : #Les Saisons de Peyton Place, #Été 1969

Les Saisons de Peyton Place Épisode 2 - partie 2

Épisode 2 - Partie 2

La fragilité d’un couple

Vendredi 11 juillet 1969

Précédemment…

Susan et Tom Winter ont décidé de donner une seconde chance à leur mariage après une longue période de crise, et Susan a cessé de boire. De retour à Peyton Place, ils espèrent repartir sur de nouvelles bases et ont choisi de s’installer dans l’ancienne maison de Betty et Rodney Harrington.

Entre amour retrouvé et tensions silencieuses, Tom et Susan découvrent que reconstruire un couple est parfois plus fragile que le briser.

Tom Winter naviguait entre les cartons éparpillés ça et là dans sa nouvelle grande maison. Il cherchait le carton marqué « cuisine » pour ranger son contenu dans le placard. N’en pouvant plus, il abandonna sa quête et s’assit sur un carton en soupirant. Où diable Susan avait-elle récupérer toutes ces affaires ? Tout venait vraiment de leur ancienne demeure, celle que le couple partageait alors que Tom était encore révérend. Son cœur se serra à cette évocation. Son sacerdoce, c’était sa vie. Il aimait préparer ses sermons pour la messe. Et plus que tout, il aimait aider les gens, les écouter, leur prodiguer des conseils.

Mais cette époque était révolue. Tom avait perdu sa paroisse et était devenu un simple marin pêcheur parce qu’il était tombé amoureux d’une jeune femme. Une femme que Susan lui avait mis dans les pattes.

Il secoua la tête. A quoi bon ressasser le passé ? Il avait pris la décision de donner une nouvelle chance à son couple. Il s’était rendu compte que, malgré tout ce qu’elle a pu lui faire, il aimait toujours Susan. Les coups tordus de sa femme appartiennent au passé.

En y repensant, il savait qu’il avait une part de responsabilité dans leur séparation. Il était tellement absorbé par son travail que le couple ne se voyait pratiquement plus. Susan avait trouvé en l’alcool un nouveau compagnon. S’il avait été plus présent, s’il avait consacré plus de temps à sa femme plutôt qu’à ses paroissiens…

Leur passé n’était pas glorieux, mais ils vont essayer de faire de leur futur une promesse d’avenir radieux. Et ce sera dans cette grande maison, autrefois habitée par Betty et Rodney Harrington. Une maison bien trop grande pour eux. Il aurait préféré rester dans l’intimité de son petit bateau, mais Susan n’aurait pas supporté vivre dans un espace aussi étroit.

Ici, tout était démesuré. L’entrée donnait sur une immense pièce à vivre et fusionnait avec le coin cuisine au fond de la pièce. A l’étage, une mezzanine surplombait la pièce principale et offrait une vue imprenable du salon. Tom avisa une cheminée en pierres à sa gauche, près du canapé. Ce sera sans doute le seul endroit il se sentira bien. Installé avec le journal non loin d’un feu dont il se délecterait du crépitement.

La porte d’entrée s’ouvrit avec un grincement qui lui sera un jour familier, et Susan fit son apparition. Tom s’avança vers elle et l’enveloppa d’une étreinte chaleureuse. Il ne pouvait cependant pas s’empêcher de ressentir une certaine appréhension à chaque fois qu’il était avec elle. Le fil invisible du passé n’a pas encore été tout à fait rompu.

Susan, au contraire, semblait sereine. Ce nouveau départ avait fait d’elle une nouvelle femme, bien plus affable que la Susan d’avant.

— Je suis désolée, dit-elle. Je n’ai pas voulu te laisser dans cette pagaille.

— Où étais-tu passée ? Je me suis inquiété.

Ce n’était pas vrai. Mais c’est sans doute ce qu’une femme veut entendre de son mari.

— J’étais chez Steven, répondit-elle.

La mâchoire de Tom se crispa lorsqu’il entendit son épouse prononcer le nom de cet homme. Susan dut le remarquer. Elle fronça les sourcils.

— Tom, tu ne vas pas commencer… je pensais qu’on avait mis les choses au clair.

Mais c’était plus fort que lui. Un ombre de doute traversa son visage. Tom avait toujours pensé que Susan et Steven avaient eu une liaison à l’époque où ils étaient séparés. Susan avait toujours prétendu le contraire, disant qu’ils n’étaient qu’amis et que Steven l’avait aidée moralement durant cette période.

Mais Susan avait changé, n’est-ce pas ? Les muscles de Tom se décontractèrent. Il devait lui faire confiance, c’était indispensable pour reprendre une vie de couple normale.

— Comment va-t-il ? demanda-t-il du bout des lèvres.

— Pas très bien, il travaille sur le dossier de Mike et celui du testament de son grand-père. Je suis allée le voir pour lui présenter…

Elle n’eut pas le temps de terminer sa phrase. Un homme muni d’un bagage à main franchit le seuil.

— Tu te souviens d’Eric Bullock, l’associé de mon père.

Tom n’avait vu que deux ou trois fois l’avocat autant prétentieux qu’arriviste qui se tenait devant lui, un sourire brillant sur son visage. Il n’avait pas changé. Même coiffure désordonnée, mêmes pommettes saillantes, même mâchoire carrée, même yeux perçants capable de vous glacer le sang en un regard. La copie conforme du « golden boy ».

— Je m’en souviens, en effet, acquiesça Tom, une réticence palpable dans sa voix alors qu'il serra avec hésitation la main d'Eric.

Il avait autant d’aversion pour ce type qu’il en avait pour Steven Cord. Susan ne sembla pas percevoir le tumulte intérieur de Tom, et précisa d’un ton joyeux :

— Eric va prêter main-forte à Steven dans l’affaire Rossi. Il est déjà sur une piste.

— Je n’en doute pas.

« Les chacals ont un bon flair », ajouta-t-il en pensée.

L’ex révérend avisa le bagage d’Eric et proposa, d’un ton un peu trop chargé de sous-entendus :

— Vous avez réservé une chambre au Colonial Post Inn ? Je peux vous y conduire. À moins que vous ne préfériez la charmante pension de Mme Hewitt.

Il était hors de question pour Tom d’inviter Bullock dans sa nouvelle demeure. On ne fait pas entrer un loup dans une bergerie. Mais c’était compter sans Susan qui, avec une légèreté désarmante, intervint :

— Voyons, Tom. Cette maison est suffisamment spacieuse pour accueillir un invité.

— Cette maison est un vrai chantier, je te rappelle qu'on vient juste d'emménager, protesta-t-il, le ton empreint d'exaspération.

Susan haussa les épaules, déterminée.

— Le désordre ne va pas gêner Eric. Et puis, je lui ai déjà dit qu’il pouvait rester ici.

Tom tenta tant bien que mal de maîtriser la colère qui montait en lui.

— Sans m’en parler ? siffla-t-il.

Eric, sentant l’ambiance tendue, s'empressa d'ajouter :

— Si cela vous dérange, je peux très bien aller au Colonial.

Tom ouvrit la bouche, prêt à exprimer son désaccord, mais Susan le devança.

— Mais non, tu restes ici. Cela nous fera plaisir d’avoir un peu de compagnie.

Elle posa une main apaisante sur l’avant-bras de Tom, et ajouta :

— N’est-ce pas, mon chéri ?

« Des efforts, Tom. Tu dois fournir des efforts », songea-t-il. Il le savait, les compromis étaient le ciment qui pouvait sceller leur nouveau départ. Mais il se dit que pour l’instant, il était le seul à faire des compromis.

Il se résigna et arbora un sourire peu convaincant à l’attention d'Eric. Dans un coin de son esprit, il se dit qu'il devait faire preuve de plus de confiance envers Susan, qu'il devait apprendre à baisser sa garde, et surtout, qu'il devait absolument vaincre sa jalousie. Ces défis, lui et Susan devront les surmonter ensemble pour faire de ce nouveau départ une réalité.

À suivre…

Pour la sauver, Mike choisit de la perdre… dans un ultime sacrifice déchirant.

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